Il n'est pas mien, mais je dois me l'approprier. Après tout, c'est bien mon métier de transformer le dégoût , la haine, la peur et même la faim en sentiment de désir, ou du moins de leur donner l'apparence du plaisir.
"L'habit ne fait pas le moine".
Il me pince les seins, fort, très fort. Ma douleur est sans limites, mais j'esquisse un sourire, par respect aux règles de marketing les plus élémentaires.Le bougre me les pince encore plus fort, les tire et les étire. Il veut vraiment voir ma douleur, ça l'excite, mais je ne lui donnerai pas ce plaisir. Je souffre et je souris, têtue que je suis.
L'heure se prolonge, et mon calvaire avec. J'essaie d'y croire, d'y mettre du cœur,mais il n'est pas mien. C'est son désir à lui qui s'approprie mon corps.Ce corps que je lui loue, pour quelques roubles en plus, avec beaucoup de résignation, et peu de peine finalement.Je gémis, je hurle, il y croit et moi aussi. Pourtant, je n'y goute pas!
L'heure se termine, je m'en vais, je fuis. Je suis déjà une autre.
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