samedi 30 octobre 2010

Frato

" Chacun a père et mère, mais rien de plus difficile à trouver qu'un frère" Proverbe Chinois.

On était assis l'un à côté de l'autre, dans ce lit étroit. Rien de plus normal, c'était un lit une place. On avait mis un film qu'on regardait vaguement. On parlait peu entre nous, on était tous deux occupés à parler à nos amis sur ce fabuleux logiciel de messagerie instantanée. Fabuleux, oui, car on a oubliés de se parler, occupés que nous étions à maintenir l'illusion de communiquer avec des gens qui étaient à des lieux de nous. Pourtant, il me manquait affreusement. Cela faisait des mois qu'il n'était pas rentré à la maison et Dieu sait que rien ne m'est plus cher au monde que ce jeune. Il est la pupille de mes yeux. Et voilà mes yeux qui divergent, je me surprend à jeter des coups d'œil à ses conversations. Rien de bien méchant, je ne m'émisse pas dans sa vie privée, non, j'essaie simplement de continuer à faire partie de sa vie.


Mais qui est cette fille? Elle est plutôt mignonne! J'espère que c'est sa copine, depuis le temps que j'enquête pour savoir avec qui ce bougre sort! Et hop! c'était là, juste devant mes yeux! j'avais beaucoup de mal à croire ce que je voyais! j'ai vite tourné la tête, j'avais les larmes aux yeux et je ne savais plus comment maîtriser mes sentiments. Je me suis  levée, me suis dirigée vers la salle de bains à pas de géant, et j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je suis revenue m'asseoir et j'ai continué à regarder le film comme si de rien n'était.

Il ne devait surtout pas savoir que je sais. Mais je sais quoi en fait? Mon frère est homosexuel.

Le temps est passé,on n'en a jamais parlé mais  j'ai fini par l'accepter. Mon homophobie n'a pas totalement disparu, mais je me soigne. Parce qu'au delà de nos différences, je l 'aime .

vendredi 29 octobre 2010

Vano


"Tant que le cœur conserve des souvenirs, l'esprit garde des illusions"
Chateaubriand.

Il avait fière allure.Si sûr de lui, et si hésitant à la fois. Connaissez-vous ce regard qui panse toutes vos blessures et vous rend Femme? Il avait ce regard là, fort, profond et doux comme une caresse matinale. Comment ne pas être charmée, j'avais enfin droit à des égards!!

Un premier rendez-vous, et un deuxième, il m'embrassa au troisième.Un feu d'artifice. Monsieur maîtrisait toutes les règles de séduction. Et un doute commence à me chatouiller, suis-je simplement une femme objet à ses yeux? Est-ce vraiment le bonheur ou une simple illusion? Et puis merde, pourquoi réfléchir tant, et laisser ces rares instants de félicité m'échapper si bêtement. Fonce! Fonce et oublie le passé, les hommes ne se ressemblent pas tous, tue tes préjugés et tourne une nouvelle page!

J'ai foncé. Il m'invita chez lui, j'ai accepté, j'ai foncé. Et un autre feu d'artifice. Qu'il est doux de sentir l'étreinte d'un homme qui ne vous paie pas. Pour la première fois, j'ôtais tous mes masques. Sans artifices, j'étais enfin nue, nue et libre.


Et il disparut.


Le retour à la réalité peut être si dur,si long, et si éprouvant. Un an déjà que c'est arrivé, et j'y pense encore comme si c'était hier. Trop de plaies à panser, et mes mains abusées peinent à les soigner.

mardi 11 mai 2010

Deziro

Il n'est pas mien, mais je dois me l'approprier. Après tout, c'est bien mon métier de transformer le dégoût , la haine, la peur et même la faim en sentiment de désir, ou du moins de leur donner l'apparence du plaisir.

"L'habit ne fait pas le moine".


Il me pince les seins, fort, très fort. Ma douleur est sans limites, mais j'esquisse un sourire, par respect aux règles de marketing les plus élémentaires.Le bougre me les pince encore plus fort, les tire et les étire. Il veut vraiment voir ma douleur, ça l'excite, mais je ne lui donnerai pas ce plaisir. Je souffre et je souris, têtue que je suis.

L'heure se prolonge, et mon calvaire avec. J'essaie d'y croire, d'y mettre du cœur,mais il n'est pas mien. C'est son désir à lui qui s'approprie mon corps.Ce corps que je lui loue, pour quelques roubles en plus, avec beaucoup de résignation, et peu de peine finalement.Je gémis, je hurle, il y croit et moi aussi. Pourtant, je n'y goute pas!


L'heure se termine, je m'en vais, je fuis. Je suis déjà une autre.

vendredi 7 mai 2010

Timo

" Là où il y a la peur, il n'y a point de religion" , Gandhi


De nos jours, l'islam est incontestablement la religion qui inspire le plus de craintes. Les musulmans sont bien souvent stigmatisés dans la pratique de leur religion, et l'islam suscite moult débats, reflets d'une réelle peur face à une religion bien souvent débattue, mais peu connue.

Pourquoi un tel état des fait étonne-t-il les musulmans? Bien avant de susciter la peur , l'islam l'a instaurée. Les mots "crainte", "peur" et "terreur" ont un nombre incalculable d'occurrences dans le livre saint. On n'aime Allah qu'en le craignant. Finalement, les occidentaux ne font que nous aimer, à notre propre façon. Peut-on raisonnablement le leur reprocher?

"Qui sème le vent, récolte la tempête", proverbe biblique.